1.5.10

Jeudi 15 Avril 2010 - Le voyage


Et bien nous y sommes. Le grand jour du départ. Si tu m'avais dit, il y a 10 ans que j'aurais pris l'avion avec mes copains pour aller faire des spectacles avec mon orchestre de punk rock de l'autre coté de l'atlantique, j'aurais signé de suite. Peut être même que j'aurais foutu l'encre en l'air, et que j'aurais signé avec mon sang pour m'assurer de l'authenticité du papelard.
Toujours est-il que nous y sommes ce matin du 15 Avril à l'aéroport Toulouse Blagnac.
Excités comme un sac de puces, on se présente frais et pimpants au guichet de la compagnie qui doit nous amener à Montréal.
-L'hôtesse : " Ah non, vous ne pouvez pas décoller, il y a un volcan en éruption en Ecosse, tous le nord de l'Europe est bloquée par la fumée."
Alors celle là, on a du mal à la croire. Mais en même temps, la malchance, la guigne, la lose et bien c'est pas mal notre truc. Je commence même à me demander, si mère nature en personne en a pas un peu après nous.
Le camion inondé à Rive de Giers en banlieue stéphanoise l'année dernière, les improbables chutes de neige cet hiver qui nous font raté le festival Guerilla Asso à Hazebrouck, mes histoires de mâchoires en mousse... C'était déjà pas mal. Mais alors le volcan qui gronde tous les 200 ans et qui attend notre départ pour sortir de ses gonds. Banco.
Au final, c'est un volcan Islandais qui met un peu la pagaille en Europe et remet en question tous les transports aériens. C'est tout de même rigolo et assez plaisant de voir la nature reprendre ses droits. Surtout qu'après une heure d'attente sur le sol Toulousain, on arrive à monter dans un avion qui fera escale par Paris ( et pas Londres) et nous emmenera directement à Montréal.
A l'aéroport, on croise même Alain Giresse l'ex-star du football français. On en profite pour lui demander un autographe pour notre copain Damien qui habite désormais au Québec.
Une fois partis, on apprend que désormais plus aucun avion ne décolle de Paris, ni du reste de l'Europe du Nord. Un peu de chance enfin !

Nous sommes tous les 4 dispersés dans l'avion. Les 7 heures de trajets vont être bien longues.
De mon coté, je me retrouve assis d'un certain Balbino. 68 ans, portugais, marié depuis 20 ans à une Québecoise. Le vieil homme est très sympathique, mais ne s'arrête jamais de parler. Incroyable. Le problème majeur dans notre relation verbale vient du fait, que le monsieur parle français avec un fort accès québecois, mélangé à un fort accent portugais. Je tiens la première heure à me concentrant beaucoup. Ses voyages, sa femme, son travail, j'ai droit à toute sa vie...
Altitude et alcool gratos aidant, je ne comprends absolument rien sur la deuxième heure de son monologue. Je me contente de quelques hochements de tête avec sourires, l'histoire de ponctuer un peu son récit. Au final, j'ai l'impression que mon héros du jour, a eu une existence plutôt cool, et que ce n'est pas prêt de s'arrêter. 6 mois au portugal l'hiver, 6 mois à Montréal l'été avec sa blonde, il organise sa retraite de la plus belle des manières.
Une fois sur le tarmac, c'est partit pour la grande aventure de l'immigration.
On a tous en mémoire les mésaventures de Guerilla Poubelle il y a quelques années de ça, donc nous sommes un peu flippés à l'idée de rentrer sur le territoire canadien sans contrat de travail.
Voilà donc tout le problème, pour jouer au canada avec ton groupe, il faut un contrat de travail. Sinon tu exerces une activité illégale. Mato, Jules et ma pomme passons sans encombres. C'est incroyable toutes les questions qui peuvent nous poser. Les raisons de votre voyage? L'endroit où on loge? Nos revenus financiers?
Dick de son coté, arrive sans avoir trop préparer son entretien, et se fait un peu malmené par le douanier, il n'est guère convaincant dans son discours, il passera donc par la case immigration !
Mato et Jules passe le dernier barrage douanier à la sortie de l'aéroport tandis que j'attend mon pote dans un état de stress avancé.
Une heure plus tard, le jeune homme nous revient livide de son entrevue. C'était moins 1 pour le vol retour direct !
Dernier poste douanier pour nous deux. Et hop, deuxième état de stress avancé. Ca commence a mouiller dans le calebard. Le douanier regarde la guitare, l'ouvre, et tombe sur une setlist...Grillé!
Le mec s'énerve, et a compris que l'on mentait. On balance tout, nom du groupe, les dates... A jouer la sincérité, le mec est plutôt cool et nous laisse passer. Par contre, si quelqu'un des services de l'immigration se pointe au concert, nous serons bannis du Canada pour 15ans. On ne plaisante pas.
Dehors, on retrouve notre copain Till (GxP, Guerilla Asso, M.A.G, Maladroit...) qui sera notre roadie pour cette tournée. Excusez un peu le roadie de luxe !!!
Dick désormais, nous l'appellerons Youssouf. Pas question qu'il s'en sorte comme ça.
Matt et Marc-André des Brixton Robbers passe nous récupérer avec leur gros camion, et c'est parti pour Montréal. Poutine et bière pour l'accueil, match de hockey, et nous sommes direct plongés dans l'ambiance.On fait une grosse fiesta pour le premier soir, c'est l'anniversaire de Joachim (road manager des Vulgaires Machins), on se couche à 6h du mat heure locale(pour nous il est 13h en france)!
A demain !

1 Commentaires:

Blogger mick said...

nous aussi les 2 frangins, porteur du t-shirt "officiel" canada/Quebec/Us Tour sont passés a l'immigration qu'est-ce que vous venez faire ici" de la musique" douanier" vous venez manger le pain des canadiens:)mais finalement pas de problème:)j'attends la suite avec impatience:)
michel

10/5/10  

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